Citizen Kane Administrateur
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Posté le: Sam Oct 28, 2006 11:29 pm Sujet du message: Le Jour le plus long (the longest day) 1961. |
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Le film culte, tiré du livre de Cornelius Ryan.
Darryl Zanuck s'est donné beaucoup de mal pour rassembler les moyens, et les acteurs les plus connus de l'époque.
Une bonne partie des scènes de débarquement a été tournée en Corse.
Sur sa photo, la plus connue, on voit John Wayne, colonel des paras, blessé à la cheville et trimballé dans une cariole, qui écoute le rapport du para Broderick Crawford, à l'entrée de Sainte Mère Eglise.
Il s'empâtait déjà un peu, le Duke, a cette époque, et a dû être ravi de ce rôle de blessé combattant, pas trop fatiguant.
Quand il tournait un western, il exigeait, en plus de son cachet d'acteur, d'emporter l'arme utilisée pour le film. Peut être a-t-il aussi ramené son fusil M.1 en souvenir?
"Le Jour le plus long", ça se déguste par petites doses gourmandes. C'est un festival d'erreurs, de fautes, de piètres improvisations. La séquence où l'héroïque résistante Irina Demick s'attaque, toute seule, comme une grande, à un soldat allemand, le long de la voie ferrée, pour l'empêcher de donner l'alerte. Elle tombe à l'eau avec le vilain Boche, qui essaie de la noyer... (et on voit, sur son casque, le reflet du projecteur qui éclaire la scène tragique en cours de tournage.)
Irina suffoque, elle va être noyée! Quel dommage, une si belle fille, avec un si beau cul! Que nenni! Un brave para anglais, tout juste arrivé, sniper nyctalope, foudroie d'une balle bien placée, tirée à distance, le vilain nallemand!
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Sur le plan aérien, un autre festival bêtisier. Les paras américains sautent d'un quadrimoteur anglais! Darryl F. Zanuck n'a pas voulu débourser pour la fourniture de C.47 bimoteurs, l'avion du véritable parachutage. Alors, au lieu de sauter par la porte, les Ricains sautent à l'anglaise, par la trappe!
En revanche, deux avions Spitfire ont participé au tournage; utilisés en dépit du bon sens, filmés de trés loin, à peine identifiables. C'était pourtant un avion maniable, et qui pouvait être filmé en évolutions à basse altitude. On le verra notamment, plus tard dans le film "Un pont trop loin" dans la belle séquence du Spitfire et du petit Hollandais!
En revanche, les deux avions allemands qui font l'unique attaque de ce jour mémorable nous sont montrés, hélas, sous toutes les coutures. Hélas, parce que ce sont des petits Messerschmitts 108 d'entrainement, volant deux fois moins vite que les vrais Focke Wulf 190 qui ont été vraiment utilisés. C'est comme si Marlon Brando tournait l'Equipée Sauvage sur une Mobylette, au lieu d'une Harley Davidson.
Quant au choix de l'acteur aviateur, ils nous ont mis une sorte de Galabru caricatural, qui n'a rien à voir avec le vrai pilote Priller.
Il fallait tourner en dérision l'imprévoyance des nazis, qui n'ont pas voulu entendre les sages avertissents des vrais bons allemands intelligents. C'était dans la ligne politique de l'époque.
C'est parce que Rommel est allé fêter l'anniversaire de sa femme, c'est parce que Hitler avait pris un somnifère, que le débarquement a réussi.
C'est ce qu'on veut nous asséner. Cause toujours, Ducon!
Même dans l'hypothèse d'un débarquement qui échoue, l'Allemagne n'aurait quand même pas gagné la guerre. La bombe d'Hiroschima aurait explosé à Berlin, c'est tout.
Le joueur de cornemuse, Bill Millin, a révélé que l'air de cornemuse qu'il a joué, sur l'ordre de Lord Lovat, n'était pas celui du film.
Les commandos français ont attaqué un bâtiment qui ne ressemblait pas du tout au "casino" édifié pour le tournage du film, et l'intervention surréaliste du groupe de religieuses, venant soigner les blessés sous la mitraille a été un arrangement fictif.
Avec le recul, on se rend compte des immenses lacunes de ce film, qui a privilégié de petites anecdotes, de préférence triviales ou surréalistes, Arletty qui trouve un para en allant au petit coin, l'Allemand qui met ses bottes en les inversant, Burton qui se fait raccomoder la cuisse avec des épingles de sûreté, l'aumonier para qui plonge pour récupérer son autel portable, Sean Connery qui rale contre la façon de jouer de la cornemuse des écossais, Bourvil qui picole son champagne, Froebe et son cheval, de corvée de café.
Le monologue brumeux de Jurgens, critiquant son Fuhrer et concluant en projetant de se saouler à la fine, pourrait laisser supposer que l'acteur a déjà un peu commencé à picoler avant de déclamer sa tirade.
On pourrait nous montrer la mort du gentil Henri Fonda,(général Roosevelt) qui planquait sa canne pour paraître apte au combat, et qui a été tué à Utah Beach.
Le numéro de Robert Mitchum, en revanche est épique, grandiose.
Il bombarde un sergent lieutenant, sous le feu. Le pauvre ne profitera guère de son grade, se fera flinguer. Mais la percée réussira!
Et c'est quasiment westernien, le brav' général Cota, qui allume un cigare à la fin de cette journée épique, et s'affale dans une jeep qui n'attendait que son bon vouloir. "Monte moi là haut, mon gars!"
C'est quand même ce film culte, qui a été longtemps la seule représentation du Débarquement de Normandie.
En 1964, pour le vingtième anniversaire, des collectionneurs de jeeps et véhicules militaires étaient venus bivouaquer sur la plage, la nuit du 6 juin, et ce film avait été projeté sur écran géant. Un souvenir inoubliable. Les fanas de reconstitution vivaient en kaki, mangeaient des rations, dormaient sur des lits de camp, dans des tentes ricaines, et roulaient en convoi, avec des jeeps, dodge, GMC, et half track. C'étaient les débuts d'un engouement qui s'est maintenu jusqu'à nos jours. La pratique du re-enactement et des "convois du souvenir". |
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